top of page

Histoires guérissantes

Blanc Bois Washed
20220220_113829.jpg

Il y a quelques mois, l'idée a germé d'écrire un livre de toutes les petites histoires que je perçois lors de mes consultations, au son du tambour chamanique. Finalement j'ai choisi de vous les dévoiler petit à petit sur cette page.

Les images se déposent sur mon écran mental révélant un monde de fées, de lutins, de déesses, de scènes d’un temps ancien.

Ces scénarios empreints de magie se modifient au cours de mes soins et évoluent vers plus d’harmonie.

 

Ces petites histoires sont porteuses d’espoir, de baume au cœur, de métamorphose, pour ceux que j’accompagne vers ce guérisseur intérieur qui est présent en chacun de nous et qu’il ne tient qu’à réveiller par un souffle, un son, un mot, une mélodie.

Elles feront peut-être résonance avec votre propre parcours, allumeront une petite lumière à l’intérieur de vous et vous aideront à cheminer dans votre vie.

 

Elles ont été écrites d’après les enregistrements que je fais à la fin des séances. Afin de garantir leur anonymat, les prénoms des personnes ont été modifiés.

Repas de famille

La famille

Contexte : Alissia a des problèmes familiaux avec sa sœur et sa mère.

Les mots cinglants, blessants, les injures, les coups portés pleuvent sur Alissia par ceux qu’elle côtoie tous les jours, ses proches, sa famille qu’elle espère pour une fois aimante.

 

Elle se met en boule, supplie d’arrêter. Elle n’en peut plus de ces agressions quotidiennes de ces demandes sans cesse plus pressantes hors de portée pour Alissia qui se sent si fragile parfois. Elle n’entend déjà plus rien lâche ce qui la retient encore sur ses jambes tremblantes et tombe sur le dos dans un sentiment d’impuissance. Les personnes se pressent autour d’elle observent si elle bouge encore, quelques injures et rires fusent dans la pièce avant qu’ils ne partent la laissant là pour morte.

 

Elle reste immobile et glacée n’osant pas bouger, une heure peut-être plus avant qu’une voix ne lui parvienne dans la pénombre. Elle se relève, regarde autour d’elle. Un petit lutin au regard pétillant l’observe, amusé, la félicitant pour le réflexe qu’elle a eu de prendre la position du mort comme défense.

 

La rassurant que sa famille ne revienne pas avant quelques heures, il prend Alissia par la main en direction de la forêt. Sur le chemin de terre à la lisière des bois, elle reprend ses esprits et ses forces en goûtant les baies des bois multicolores au goût acide et sucré.

 

En s’enfonçant plus profondément à travers les arbres, ils parviennent à une clairière ensoleillée où Alissia découvre une maison au toit de chaume entourée de buissons fleuris et odorants. Plusieurs femmes, des déesses d’une réelle beauté au regard bienveillant s’approchent. Elles arborent des vêtements colorés, faisant penser à Alissia à ces habits bohêmes qu’elle aurait aimé pouvoir porter. Elles invitent Alissia à s’assoir autour d’une table ornée d’une nappe rose pâle brodé de dentelles blanches où le thé a déjà été servi pour elle, en lui indiquant qu’elle allait rester auprès d’elles le temps dont elle aurait besoin pour réapprendre à vivre.

 

A cours des jours suivants Alissia part en promenade à travers la forêt accompagnée de son ami le lutin qui lui apprend à reconnaître les différentes sortes de champignons, de baies comestibles qu’elle ne connait pas, par leur forme, leur texture, leur odeur et leur goût. Elle les dépose dans un panier en osier accroché à son bras. En fin d’après-midi en revenant avec sa récolte elle confectionne avec les déesses des soupes et des gâteaux les plus appétissants les uns que les autres. Des odeurs de vanille, de fraises s’échappent des desserts encore chauds tout juste sortis du four. C'est un temps de réapprentissage de goûter ce que la nature offre généreusement.

 

Près d’un lac, le soir sous les étoiles, autour d’un feu et d’une boisson chaude les paroles se libèrent, apaisantes, transformatrices. A minuit, Alissia comme d’autres femmes laissent leurs vêtements sur les pierres chauffées par le rayonnement des flammes. Au début timidement elle plonge les pieds dans l’eau tiède et sent petit à petit le pouvoir guérissant de l’eau sur sa peau sous cette voûte étoilée. Elle prend maintenant plaisir à ce petit rituel quotidien de ce bain régénérant avant de s’enfoncer les paupières lourdes sous les draps épais à l’odeur de lavande pour une nuit réparatrice.

 

Les journées sont marquées par les balades en forêt à la découverte d'autres plantes qu’Alissia ne connaît pas, elle sent les parfums enivrants des fleurs chatoyantes aux pétales délicats. Alors qu’elle est emplie de cette joie d’enfant retrouvée, une biche s’approche curieuse. Le lutin ramasse de l'herbe fraîche qu’il tend à Alissia. L’animal observe et se décide à goûter les brins de végétation qu’elle lui offre permettant à Alissia de toucher cette peau à la texture de velours. Le chant des oiseaux emplis l’air de leur mélodie.

 

Le temps pour Alissia de découvrir tout un univers enchanté de vie qui nourrit son corps et son âme. Retrouver le plaisir des chants autour du feu, créer et partager de nouvelles recettes, confectionner des mets et des conserves. Le temps pour Alissia de reprendre des forces, la vie fleurit à nouveau en elle et elle peut enfin repartir avec une nouvelle lumière en elle.  

 

Histoire guérissante, histoire transformatrice…

 

Le téléphone n’arrête pas de sonner depuis ce matin déjà. Alissia est agacée par ces appels incessants de sa famille qui la sollicite. Elle prend de longues heures avant de répondre observant un oiseau sur le rebord de sa fenêtre affairé à picorer les graines qu’elle dépose chaque jour à son attention.

 

Petit à petit Alissia recommence à inviter ses proches à partager un repas avec des mets dont elle vient juste d’imaginer la recette et de cuisiner. Ils sont surpris par ces nouvelles senteurs et ces goûts exquis. Ils ne peuvent s’empêcher de dire admiratifs à Alissia qu’elle a changé, qu’elle est différente.

 

Alissia sait maintenant écouter sa petite voix intérieure, son ressenti quand elle a envie de répondre au téléphone ou de le laisser éteint. Quand elle a envie de faire découvrir ses nouvelles créations culinaires et faire des invitations ou quand elle préfère se lover dans son fauteuil une couverture sur les épaules à observer les oiseaux à travers la vitre.  Une nouvelle vie s’ouvre à Alessia, différente remplie de nouvelles senteurs, odeurs, goûts, cette vie qui s’épanouit à nouveau en elle.  

Blanc Bois Washed
Les arbres forestiers

Les rayons de lumière

Contexte : Adeline se sent déprimée et souhaite retrouver son énergie.

Adeline se trouve dans un espace qu’elle ne connait pas, elle regarde autour d’elle un peu perdue à la recherche de quelque chose de rassurant, un petit gnome s’approche timidement pour ne pas l’effrayer. Il prend Adeline par la main et l’amène vers une immense géode d'améthyste, elle perçoit déjà de l’extérieur les rayons d’un violet flamboyant qui s’échappent de la pierre. Un peu rassurée par la beauté du lieu, elle passe la porte au centre de la paroi du minéral et s’installe sur la chaise en bois sculpté en son milieu avec des coussins en velours mauve.

 

Elle sent petit à petit les rayons violets de l’améthyste qui tournoient autour d’elle et commencent à l’emplir d’une énergie qu’elle n’avait plus ressenti depuis bien longtemps. Elle reste suffisamment de temps dans cette géode pour que son corps retrouve cette harmonie qu’elle avait connu avant cette période où elle se sentait perdue, déprimée, vidée de son essence.

 

Elle voit le visage du petit gnome qui apparait dans l’embrasure de la porte et qui vient la chercher.  Il la conduit dans un autre bâtiment de pierres calcaires où se découpent au plafond des vitraux laissant passer une lumière blanche. Là à nouveau elle s’installe sur une chaise en bois clair ornée de sculptures aux courbes harmonieuses. La lumière blanche indirecte traverse en trois points le plafond, un point à gauche, au centre et à droite en formant trois faisceaux qui descendent sur elle la régénérant au niveau de son âme cette fois.

 

Le gnome apparait à nouveau après un temps qu’elle ne pourrait définir tant elle se sent bien dans cet endroit. Il l’accompagne cette fois vers un petit lac au milieu de la forêt, elle admire au passage ces arbres centenaires, capte les odeurs de mousse, de terre, le chant des oiseaux.

Là elle découvre un paysage enchanteur, des sirènes au corps argenté et cheveux dorés se prélassent dans l’eau translucide en l’attendant. Elles l’accueille et l’encourage à les rejoindre dans cette eau bienfaisante où elle peut nager avec elles. Elle ressent un sentiment de liberté, cette eau enlève, nettoie le reste qu’elle a pu porter de cette période grippale, de ce virus qui l’a clouée au lit quelque temps.  Dans la forêt après être sortie du lac, elle se pose baignée par la lumière à travers les feuillages, une lumière indirecte du soleil plus douce, une lumière blanche.

 

Une des sirènes s’approche d’elle en ayant sorti de l'eau une pierre grise rugueuse aux reflets violets et contours arrondis sous forme d'améthyste qu’elle lui tend en lui disant que ce serait très porteur pour elle en ce moment. Elle lui indique qu’elle pourra prendre des pierres dans ses poches, à côté de son lit, en porter sur elle en bracelets ou collier. En mettre un peu partout chez elle pour lui redonner de l'énergie.

Histoire guérissante, histoire transformatrice…

 

Quelques temps plus tard Adeline est chez elle devant une lampe qui reproduit la lumière du jour. Une lumière blanche qui lui redonne le matin et le soir de la luminosité dont elle a besoin lorsqu'il n'y en a plus suffisamment. Elle rêve à un monde de lutins, de sirènes en tenant dans sa main un cristal d’améthyste.

L’étalon noir

Contexte : Amandine est en dépression après la perte de son travail et son animal.

Les montagnes se dessinent hautes, puissantes dans ce décor des vastes prairies d’autrefois.

La peur monte dans la poitrine de ces hommes à la peau de couleur ocre, ils sont une quinzaine, peut-être plus. A leur côté leurs fidèles compagnons, de magnifiques chevaux qui ruissèlent eux aussi de sueur. Ils sont acculés, coincés au fond de cette gorge après cette course effrénée. Ils ont déjà perdu beaucoup des leurs dans cette bataille face aux blancs qui les menacent maintenant de massacrer ceux qu’ils considèrent comme faisant une partie d’eux-mêmes, leurs frères du peuple des chevaux.   

Le cœur meurtri devant ce dilemme, ils lâchent leur fierté, ravalent leurs larmes et capitules.

 

Une femme regarde au loin la scène qui se déroule devant elle, une main sur sa bouche pour ne pas crier, le cœur lourd, une scène de feu et de sang. Elle reste là longtemps jusqu’au coucher du soleil qui éclaire un champ rouge où le sang de son clan et des bêtes se mêlent. Il ne reste plus que le bruit du vent glacé sur son corps.

 

Plus tard les femmes ont rassemblé ce qui restaient de leur campement, elles sont parties en nomade à travers les terres, laissant la désolation derrière elles. A présent des moutons les suivent leur permettant de cicatriser le souvenir du lien avec leurs époux et animaux bien-aimés.

 

Histoire guérissante, histoire transformatrice…

 

L’étau se ressert sur les bêtes et les hommes, les gorges se rétrécissent infranchissables.

La peur est palpable dans cette atmosphère étouffante.

 

Les chevaux s’agitent un peu plus, ils ont senti quelque chose, un appel du fond de leur âme, un signal du haut de ces roches abruptes, un regard se lève vers leurs sommets.

 

Une forme sombre majestueuse se dessine dans la lumière du jour, un magnifique étalon noir observe le bas de la montagne entouré de sa harde. A travers un signe, un son, une odeur que seuls ces animaux perçoivent, les chevaux se rassemblent en un seul souffle et se faufilent à travers les rochers suivants les messages portés par le vent. Les hommes font à nouveau corps avec leurs animaux, fuyant, s’échappant de ces gorges meurtrières.

 

L’étalon montre le chemin suivi du troupeau. Au loin une montagne se dessine, un possible espoir pour les hommes et les bêtes. Le pur-sang s’arrête devant une fissure sur la paroi rocheuse presque invisible à l’œil nu, un passage débouchant sur un paysage luxuriant où cascades, forêts et verts pâturages se mêlent.  

 

Cette communauté peut enfin s’installer sur ces terres prometteuses d’un avenir meilleur, vivre en harmonie et autarcie avec le peuple des chevaux laissant derrière eux la soif de victoire d’une bataille perdue d’avance.

 

L’homme blanc cherche encore et encore dans le sillage de poussière ceux qui ne seront bientôt plus qu’un souvenir d’une défaite restée longtemps inexpliquée leur laissant un goût amer.

bottom of page